11 Janvier 2011   ::    Effets personnels    ::   Matthieu Layeillon

 

Artiste basé à Cherbourg, Matthieu Layeillon explore les phénomènes de migration au travers "d'effets personnels", des objets liés au déplacement tels que sacs de voyage ou nids d'oiseaux.

 

"Par des moyens plastiques qui rejouent nos rapports à l’animalité, au corps, à la migration, j’aborde les problèmes de l’itinérance et en particulier, de l’espace privé nomade, exposé à et dans l’espace public sédentaire. Les exilés sont ce qu’ils portent sur eux : vêtements, sacs, couvertures, papiers, photos, etc. Abandonné en chemin, vendu pour passer, le reste ne va pas vers l’ailleurs. Ces effets personnels les incarnent sous la nouvelle identité d’habitants de l’exil. Je souhaite que la métaphore de la migration lisible dans les sacs ravive notre mémoire collective, celle qui garde caché le chemin que nous tous, migrants, avons parcouru un jour. En apparence vide, le sac abrite l’espace vivant des origines, de l’histoire individuelle, du savoir, de la culture, de la dignité humaine. Contenu et contenant, il tait, cache et protège autant qu’il colporte, expose et s’expose - rôle confié par ailleurs aux œuvres d’art. Les migrants habitent ce dernier territoire des effets personnels dont même la nature symbolique est jugée encombrante. Eux-mêmes, le sont-ils moins à l’heure où l’on cherche à éloigner tous ceux croyant encore – à qui de droit prétendument universel - que je suis l’espace où je suis ? "


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