15 Février 2011   ::    STARe not WAR    ::   FRAC Basse-Normandie

STARe not WAR

Collection du FRAC Basse-Normandie


 

Jean-Luc André, Martha Colburn, Damien Deroubaix, Leo Fabrizio, Micha Laury, Hervé Leforestier, Philippe Mayaux, Sophie Ristelhueber

 

  

L’indicible, l’indescriptible, des adjectifs devenus lieux communs pour qualifier la guerre et antinomiques d’une représentation visuelle formelle. Pourtant le sujet intemporel de la violence inspire toujours les artistes autant qu’il stigmatise une incapacité de figuration. Comment transcrire le chaos et la fureur des combats sans adoucir ou heurter ? Comment interpeller encore face à l’omniprésence du sujet et la surenchère médiatique d’images chocs? Le propos n’appelle pas à la neutralité. Les solutions plastiques proposées sont le fruit d’une subjectivité qui se met au défi de révéler sans trop montrer. La peinture de bataille appartenait pourtant au « grand genre historique » prôné par l’académie jusqu’au XIXème siècle, mais l’époque actuelle ne se prête plus à la célébration des faits d’armes ni à la glorification des héros de guerre. Paradoxe d’une société bercée d’une histoire et d’images éprouvantes, les artistes préfèrent suggérer. Quels palliatifs plastiques emploient-ils désormais pour évoquer la guerre ? Entre l’objet-symbole, le vestige naturalisé, la maquette-confiserie et la vitrine à jouets-trophées, les partis-pris ne manquent pas de piquant.  Autant de moyens détournés pour apprivoiser le phénomène, en surmonter l’horreur et orienter le regard moins sur le fait lui-même que ses implications. La vision en devient d’autant plus personnelle qu’elle se veut ironique ou dépassionnée.

Alors certes ne regardez pas la guerre… mais ne détournez pas les yeux.
 

*To stare: observer fixement

 C.P

 

 


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