16 Janvier 2013   ::    Chronophage    ::   FRAC Basse-Normandie

Chronophage

 

Collection FRAC Basse-Normandie.

 

Michel BLAZY, Sophie CALLE, Claude CLOSKY, Raymond HAINS

Bénédicte HEBERT, Bernard LEGAY, Myriam MECHITA, Roman OPALKA

Hrafnkell SIGURDSSON, Annelies STRBA, Georges REY, Camille VIROT

 

Bien qu'insaisissable, le temps nous accapare. Vouloir s'en libérer serait pourtant vain car de son écoulement dépend tout changement. Ce rapport ambigu au temps, fait de tension et de nécessité, stimule autant qu'il contraint l'artiste. Point de départ de toute transformation, et point de non-retour, cette force impalpable agit sur le réel tout en lui donnant sens. Ainsi le temps révèle la forme en devenir. Vorace, il l'altère aussi. Au travers d'oeuvres issues de la collection du FRAC Basse-Normandie, les douze artistes de l'exposition lui confèrent une épaisseur plastique pour mieux l'interroger. Chacun selon leur propre stratégie productive, ils captent, suggérent ou modèlent l'éphémère pour repenser son rapport à la durée.

 

Au delà de son rôle moteur dans le processus créatif, le temps en tant que sujet s'inscrit dans une longue tradition artistique. Depuis l'âge d'or des vanités, la méditation sur la fugacité de la vie a changé d'apparences mais irrigue toujours nombre d'oeuvres contemporaines dont les autoportraits de Roman Opalka. Tandis que certains dédramatisent, jouant de l'ironie ou de l'humour, d'autres insistent sur la précarité du réel, voire, à l'instar de Hrafnkell Sigurdsson, dénoncent l'impact de l'homme sur son environnement. Les ruines de Myriam Mechita, la céramique de Camille Virot, les expériences organiques de Michelle Blazy et Bernard Legay témoignent ainsi des phénomènes de dégradation de la matière. En tant qu'acteur majeur Nouveau Réalisme, Raymond Hains s'empare d'affiches lacérées comme signes et vestiges d'un monde en mouvement. Sophie Calle évoque le temps du faire et du renoncement, alors qu'Annelies Strba tente de conjurer le passé en sublimant l'instant. Les vidéos de Bénédicte Hébert et Georges Rey jouent quant à elles sur le tempo pour dérouter la perception. De la même manière c'est par le procédé de la répétition que Claude closky propose un flot obnubilant d'images en phase avec les méthodes et la boulimie visuelle propres au mass media. Qu'elles soient chargées ou non de références, les oeuvres de l'exposition se conjuguent autant au passé, au présent, qu'au futur.

C.P

 


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